Il y a quelques jours, autour d'un repas, j'ai eu une conversation qui m'a particulièrement interpellée.
Une femme me racontait qu'elle avait été licenciée en début d'année, après plus de vingt ans passés dans la même entreprise.
Sur le moment, elle l'avait vécu comme un véritable choc. Elle perdait son emploi, mais aussi ses habitudes, ses repères et cette sécurité construite au fil des années.
Là où elle m'a le plus touchée, c'est quand elle m'a dit:
« Finalement, c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. »
Elle m'a alors expliqué qu'avec le recul, elle avait pris conscience d'une chose : depuis longtemps, elle n'était plus vraiment passionnée par son travail.
Les années avaient passé et, petit à petit, la routine s'était installée. Elle connaissait son métier, faisait ce qu'il y avait à faire et retrouvait chaque mois la sécurité de son salaire. Rien ne l'obligeait à se poser des questions ni à prendre le risque de changer.
Elle n'était pas forcément malheureuse mais elle ne s'épanouissait plus vraiment non plus.
Et sans ce licenciement, elle serait probablement encore là aujourd'hui.
Depuis, elle a découvert un nouvel environnement professionnel, une nouvelle équipe, de nouveaux défis et une autre manière d'organiser ses journées.
Elle m'en parlait avec un enthousiasme communicatif, de la lumière plein les yeux!
Elle a retrouvé le plaisir d'apprendre, de se sentir stimulée et surtout cette énergie qui lui donne à nouveau envie de se lever le matin.
Ce qu'elle avait d'abord vécu comme une perte lui avait finalement permis de retrouver quelque chose qu'elle ne réalisait même plus avoir perdu : son enthousiasme.
Et c'est précisément ce qui m'a interpellée dans son histoire.
Je retrouve ce même constat, sous différentes formes, au fil de mes accompagnements, notamment chez certaines personnes après une rupture ou un burn-out.
Avec le recul, elles réalisent parfois qu'elles n'étaient plus vraiment heureuses depuis longtemps. Elles sentaient que quelque chose ne leur convenait plus, mais elles continuaient malgré tout, par habitude, par loyauté, par peur de l'inconnu ou simplement parce qu'elles ne savaient pas comment faire autrement.
Cette conversation m'a ramenée à une question :
Pourquoi attendons-nous parfois que la vie nous oblige à changer pour nous autoriser à le faire ?
Quand la sécurité nous retient
Nous avons tous besoin de sécurité. Elle nous permet de construire, de nous projeter et d'avancer avec une certaine sérénité.
Mais elle peut aussi nous retenir dans une situation qui ne nous correspond plus.
Nous savons ce que nous avons aujourd'hui, sans savoir ce que nous pourrions trouver ailleurs.
Alors nous nous rassurons:
Ce n'est pas si mal. Il y a pire ailleurs. Ce n'est pas le bon moment. Je verrai plus tard.
Ces phrases peuvent nous aider à traverser une période difficile. Mais lorsqu'elles deviennent notre réponse habituelle, elles risquent aussi de nous empêcher de regarder notre situation autrement.
À force de s'habituer à ce qui ne nous convient plus, on finit parfois par oublier qu'une autre vie est possible.
Et cela dépasse largement le cadre professionnel.
On peut rester dans une relation qui ne nous épanouit plus, poursuivre un mode de vie qui nous épuise ou continuer à répondre aux attentes des autres sans vraiment se demander ce que l'on souhaite pour soi.
Non pas parce que nous sommes incapables de changer, mais parce que ce que nous connaissons nous semble souvent moins risqué que ce que nous ignorons.
Tu n'es plus la même personne qu'il y a dix ans.
Il y a un élément que nous oublions souvent : nous évoluons.
Une situation qui nous convenait parfaitement à trente ans ne répond pas nécessairement à nos besoins à quarante ou cinquante ans.
Nos priorités changent et nos aspirations aussi.
Pourtant, nous continuons parfois à faire les mêmes choix, simplement parce qu'ils ont été les bons à une autre période de notre vie.
Reconnaître qu'une situation ne nous correspond plus ne signifie pas que nous nous sommes trompés auparavant.
Cela signifie peut-être simplement que nous avons changé.
Et plutôt que d'attendre qu'un événement extérieur nous impose une nouvelle direction, nous pouvons commencer à nous interroger sur celle que nous suivons aujourd'hui.
Trois questions pour faire le point
Je te propose un petit exercice.
Pense à un domaine de ta vie dans lequel tu ressens moins d'enthousiasme qu'auparavant.
Prends quelques minutes pour répondre sincèrement à ces trois questions :
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Si je devais faire ce choix aujourd'hui, est-ce que je prendrais encore la même décision ?
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Qu'est-ce qui me retient réellement : qu'est-ce que cette situation m'apporte et qu'est-ce que j'ai peur de perdre en la quittant ?
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Si je m'autorisais à envisager autre chose, quelle serait la première possibilité que j'aimerais explorer ?
Tu n'as pas besoin d'avoir toutes les réponses ni de prendre une décision immédiate.
L'objectif est simplement de vérifier si tes choix actuels correspondent encore à la personne que tu es devenue.
Parfois, cette prise de conscience suffit à amorcer un premier mouvement : une conversation, une recherche d'informations, une nouvelle activité ou un projet que l'on ose enfin envisager.
N'attends pas que la vie décide à ta place
Je crois profondément en notre capacité à nous reconstruire après une épreuve. Certains bouleversements, aussi douloureux soient-ils sur le moment, peuvent nous conduire vers des possibilités que nous n'aurions jamais envisagées autrement.
Mais nous n'avons pas besoin d'attendre un licenciement, une rupture ou un épuisement pour nous demander si nous sommes encore à notre place.
Cette femme a retrouvé un enthousiasme qu'elle ne connaissait plus depuis longtemps. Son histoire nous rappelle qu'il existe parfois bien davantage de possibles que ceux que nous arrivons à imaginer depuis notre situation actuelle.
La sécurité nous aide à construire notre vie. Mais elle ne devrait pas nous empêcher de la vivre.
Oser changer ne signifie pas tout abandonner sur un coup de tête. C'est parfois simplement accepter de regarder honnêtement ce qui ne nous convient plus et commencer à explorer d'autres chemins.
Parce qu'au fond, nous n'avons qu'une vie et nous méritons de pouvoir nous y épanouir.
Tu n'as pas besoin d'attendre que la vie ferme une porte pour t'autoriser à en ouvrir une autre.
Si tu te reconnais dans cette réflexion et que c'est particulièrement ta vie professionnelle qui ne te correspond plus, j'ai créé Renaissance, un accompagnement pour celles et ceux qui traversent une période de transition, envisagent une réorientation ou souhaitent retrouver leur juste place au travail.
L'objectif n'est pas de te pousser à tout changer, mais de t'aider à comprendre ce qui te retient, à retrouver confiance dans tes possibilités et à construire, pas à pas, une direction professionnelle qui te ressemble.
À bientôt,
Un pas à la fois, toujours avec toi 🌸
Ta coach perso, Sarah